Saturday, November 22, 2014

Leçons de français



A Marthe

Ô si pure déesse,
je ne saurrais te dire
à quel point  tu m’es chère …

Mais sache, et sois sûre:
je garderai toujours
l’image  et la mémoire
de ta chère jeunesse …

Il y a d’ordinaire  une rumeur incessante  dont on ne s’aperçoit pas, en règle générale, pas plus qu’à la plage, où pourtant l’océan rugit comme Démosthène :  le frou-frou des vêtements, des papiers;  le remue-ménage des livres;  des baîllements, des soupirs, des rots, des pets;  les petites conversations à part, y compris une sorte de maquis de traduction, car le professeur ne parle qu’en français, et les étudiants doivent s’entr’aider en catimini.  Mais quand Marthe a commencé a parler un peu, de sa voix douce et à peine audible -- tout le monde se tut.  C’était très curieux.  Car il y a toujours des élèves bêtes ou timides  qui parlent bas, qui se trompent, qui s’embrouillent, qui mâchent leurs mots,  et on ne se tait jamais pour eux.  Mais -- Marthe.   On pensera plutôt au silence instinctif qu’on observe (que l’on soit croyant ou pas) en entrant dans une église, ou n’importe quel lieu profond et sacré.   Même le professeur, Monsieur Gigant, d’habitude assez bruyard, s’est mis à chuchoter quand il fallait lui corriger, à elle, une petite faute d’énoncé, une bribe de grammaire.   Sa voix à elle   n’est pas  vraiment faible, ce n’est pas ça …. je n’arrive pas à la décrire.  Comment décrire d’ailleurs  l’amour,  ce besoin atroce et interne, autrement qu’en de fermes figurés  et à portée douteuse?  Elle parle  comme a dû parler  les vierges intangibles  de la Grèce antique, au temps où il n’était pas besoin  de beugler pour se faire entendre, paisibles parmi les vagues et les vents et les brebis qui paisent:   où les vièrges étaient fières, et point bégueules:  de calmes triomphatrices, telle Diane.  Voici un mois que -- silencieux et inapperçu tout au fond de la salle de classe, avec les autres assistants-apprentis de l’art d’enseigner -- voici bien un mois que, moi, qui ne parle mais qui entend, qui voit sans être vu -- me voici qui, chaque jour  d’une façon plus pénible et plus pure -- je l’adore, cette déesse : et soudain on voit se former une sorte de culte autour d’elle !
Que ne me suis-je  prosterné à ses pieds?  Par peur de scandale?  -- Il n’en fut rien.  C’était  par peur  de la  gêner.

[A suivre ...]

Deux fois n’est pas coutume


Swann la regardait, avec ce regard paisible et poli mais clair d’un médecin qui jauge un malade.

— Odette, lui dit-il, mon chéri, je sais bien que je suis odieux, mais il faut que je te demande des choses. Tu te souviens de l’idée que j’avais eue que tu aurais, jadis, dans le temps,  assassiné un certain gentleman?  Dis-moi si c’était vrai, lui ou bien un autre.

Elle secoua la tête en fronçant la bouche
--Tu as bien tort de te figurer que je t'en voudrais le moins du monde,
Odette, lui dit-il avec une douceur persuasive et menteuse.  Je ne te
parle jamais que de ce que je sais, et j'en sais toujours bien plus
long que je ne dis.  Mais toi seule peux adoucir par ton aveu ce qui me
fait te haïr tant que cela ne m'a été dénonce\é que par d'autres.  Ma
colère contre toi ne vient pas de tes actions, je te pardonne tout
puisque je t'aime, mais de ta faussete, de ta faussete absurde qui te
fait perseverer a nier des choses que je sais.  Mais comment veux-tu
que je puisse continuer à t'aimer, quand je te vois me soutenir, me
jurer une chose que je sais fausse.  Odette, ne prolonge pas cet
instant qui est une torture pour nous deux.  Si tu le veux ce sera fini
dans une seconde, tu seras pour toujours delivree.  Dis-moi sur ta
medaille, si oui ou non, tu as jamais fais ces choses.

--Mais je n'en sais rien, moi, s'ecria-t-elle avec colère, peut-etre il
y a tres longtemps, sans me rendre compte de ce que je faisais,
peut-etre deux ou trois fois.

Du coup  il sentit un grand soulagement.
-- Tiens! se dit-il, « deux ou trois fois » :  ce n’est quand-même pas un massacre !

Off the Radar


Moving among us,
as real in their world  as we in ours,
are being composed entirely of ultraviolet light.

They whisper to one another,
with crisp articulation,
but on frequencies too high for the human ear,

ideas and observations   which,  could we hear them,
would yet baffle our understanding;  but which,
could we but grasp them,
might change our self-conception forever.

Tuesday, November 18, 2014

Updates : ISIS-related


AQMI, the al-Qaeda chapter in the Maghreb, just released a proof-of-life video, of a Frenchman, Serge Lazarevic, and a Dutchman, Sjaak Rijke.   You can watch it here (until it gets wiped from the Web):

     https://www.youtube.com/watch?v=3N1k43VqkMI

Both allude to the possibly ill-advised American exchange of five Taleban prisoners  for one U.S. soldier (captured  apparently  when he went AWOL).  Additionally, the Frenchman alludes to the dirty little secret that France has for years been paying ransoms, and this guy likewise  wants in on the deal.


As for ISIS:  The following are late-breaking updates to full essays (for which, click on the link).
[Note:  In an earlier post,  ISIS vs. ISIL, I argued for the linguistic and political preferability of the latter;  but vox populi has spoken, and we must yield.]

(1) France is abuzz over the participation of a French citizen in the latest ISIL beheading-festival.   But a more thoughtful reader comments:

Vous avez peur de l'EI ? Pas moi, moi j'ai peur de ceux qui autorisent le voile dans la rue, en accompagnement des élèves. L'EI veut allez trop vite, il tue, donc on le combat et il ne fait pas les poids. Les autres eux sont en train de gagner, lentement mais plus surement. Comparez la France d'il y a 30 ans.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/16/01016-20141116ARTFIG00193-etat-islamique-la-piste-d-un-francais-parmi-les-bourreaux.php?pagination=3#nbcomments



(2) And another at the same page:

Ce genre de vidéo n'est pas uniquement une de ces horribles exécutions faites au hasard de combat. Il s'agit la de véritables mises en scène macabres ou l'on a clairement pris le temps de réfléchir sur la manière de mettre en scène la décapitation simultanée de presque 20 militaires syriens… http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/16/01016-20141116ARTFIG00193-etat-islamique-la-piste-d-un-francais-parmi-les-bourreaux.php?pagination=4#nbcomments



Sunday, November 16, 2014

Word of the Day: “Dabiq”


Since the name of this ill-omened Syrian village is once again in the news, as the purported site of the latest ISIL beheadings,  and as the media are still mispronouncing it, here once again is some orthoëpic guidance.

[Original post 23 Oct 2014]
The name of ISIL’s English-language magazine -- its answer to al-Qaeda’s uninspiring Inspire -- is mysteriously titled Dabiq.   I hope to explain this as time permits, but in the meantime there is a narrowly linguistic matter,  à la “ISIS or ISIL?”: namely, how to pronounce the word.  As it is currently being grossly misprononced in the media, I thought I’d weigh in before the error spreads.




The Arabic is دابق , with a long initial vowel and a short final vowel.  Accordingly, a narrow transcription would be Dâbiq.   The d here is the plain (unemphatic, non-pharyngealized) consonant; hence the long â has a relatively light or fronted character.  Pronounce the word

     DA - bik

with accent on the first syllable, whose vowel is like that in cat.  The second syllable is like Bic (the name of the ballpoint pen), or Bick (the Hayes-Bickford, near Harvard Square, where I had my first traumatic encounter with what Cantabrideans consider “regular coffee”), not like beak.

As for why the Islamic State would name its European-language outreach magazine in so obscure a way as Dabiq,  and why they would proclaim (probably falsely) that the latest beheadings took place in the hamlet of that name -- Ah, thereby hangs a tale, with roots deep in History!

[to be continued, if reader interest warrants]

Monday, November 10, 2014

Last Leg of the Journey


An airplane, high above,
jetting off to somewhere --
How I used to yearn!

By now, I’ve been there,
or places much like them.
The terrain still to explore     lies …
here.

Sunday, November 9, 2014

The Sleuth in Silence


The verdict has stood for over a century, and is now beyond appeal:  The public cannot get enough of Sherlock Holmes.   Conan Doyle, at the end of his inkwell, tried to kill him off, to no avail;  he only finally shuffled off that tenacious coil  by the clever expedient of dying himself.  What to do?

One approach is to author, or discover, new Holmesian tales.  (We have ourselves presented such to an expectant audience, here and here.)

Another is to transfer the written word into another medium, principally the stage or screen.   And there is surprising recent news about two such efforts, back in the time of the silents:

A Study in Scarlet was made in 1914 but no known copies of the film exist
The film starred James Bragington as Sherlock Holmes.
"The film focuses on murder and intrigue amongst the Mormons in America."
http://www.bbc.com/news/uk-england-29333407

Baker Street Irregulars --  start tracking it!

The case presents certain features of interest ...


Meanwhile, some Gallic sleuths have run down this one:

A long lost, feature-length silent film starring Connecticut actor William Gillette as Sherlock Holmes was discovered earlier this month in France.
"It's too little to say that William Gillette resembles Sherlock Holmes; Sherlock Holmes looks exactly like William Gillette," said Orson Welles.

For over 30 years, Connecticut actor William Gillette played Sherlock Holmes on stage, logging more than 1,300 performances. According to Henry Zecher, author of William Gillette, America's Sherlock Holmes, Gillette shaped the modern image of Arthur Conan Doyle's British sleuth.

"Gillette created the image," Zecher said. "He wore the deerstalker cap; he smoked the pipe, the dressing gown in his rooms at Baker Street; the phrase, 'It's elementary, my dear Watson,' although the words are in the Sherlock Holmes canon by Doyle, they were put together like that by Gillette. He personified Holmes."

Gillette's long career was winding down as motion pictures and audio recording were in their infancy. Until very recently this audio clip was believed to be the only existing record, besides still images, of Gillette as Sherlock Holmes.
http://wnpr.org/post/feature-length-film-william-gillette-sherlock-holmes-discovered-french-archives

You can listen to the clip at that site.